Livre Fantome #9

La Rage est aussi le titre d’un film de Pier Paolo Pasolini, écrivain, cinéaste, poète qu’il découvre grâce à son oncle qui prétend l’avoir croisé (« Je l’ai rencontré, chacun de ses gestes, même le plus anodin, était habité par sa pensée »). Il y a des mensonges qu’on pardonne tant ils sont beaux. Le visage de Pasolini qui semble dessiné au charbon de bois et ses mots de plomb aimantent O. qui se cherche à l’adolescence des guides, des prophètes. Il émane de l’artiste italien une aura austère et tellurique qui lui échappe et le charme. N’est-ce pas du magnétisme ? « Les autres souffrent chantent pleurent cherchent ensemble leur destin, et toi tu chantes ce qui est au-delà du destin ». Ce chant, c’est la rage. Au-delà du Destin, il y a la rage, la rage qui se nourrit au sein maternel pour conjurer la pression des origines que les grecs ont consacré comme le destin et qui se fait malicieusement passer pour l’avenir.